DECOUVERTE DE MUZUKIDS

Lorsque l'enseignement prend un sens nouveau...

En février 2016, j'ai pris l'avion à destination d'une ville à double-tranchant, aussi belle que déchirée entre deux extrêmes de classes sociales. Il s'agit du Cap, en Afrique du Sud, où j'allais faire la connaissance de Maria qui enseigne le violon à des enfants qui vivent dans les bidonvilles mais ont la chance d'aller à l'école en ville.

Je l'ai suivie et assistée durant ses journées à l'école. Elle voyait chaque élève trois fois par semaine, tantôt en leçon de groupe, tantôt en leçon semi-individuelle. Les enfants ne pouvaient pas (encore) apporter leurs instruments à la maison mais avançaient à un rythme sûr malgré l'absence de cours individuel. Dans les cours de groupe, la motivation était à son comble et les enfants étaient attentifs. Ils semblaient réaliser la chance qu'ils avaient de pouvoir pratiquer un instrument de musique et le directeur de l'école était formel lorsqu'il expliquait que leur attitude s'était complètement transformée depuis un an grâce à la musique.

Dans un contexte comme celui-ci, la méthode Suzuki était tout à fait appropriée bien qu'adaptée, puisque le rôle du parent et celui de professeur étaient tous deux pris en charge par Maria. En plus de résoudre la question de la lecture de notes pour les débutants et du matériel qui aurait pu manquer (pupitres, partitions, CDs), son approche par mémoire auditive et mimétisme permettait à l'enseignante de communiquer avec les élèves qui ne parlaient ni anglais ni afrikaans. C'est donc dans une attention intense que se déroulaient les cours car il ne fallait pas rater une miette des gestes et des onomatopées que Maria prodiguait. Une vraie leçon de créativité!